Samedi 8 janvier 2011 6 08 /01 /Jan /2011 23:09

4ème de couverture :

 

" Tous ses camarades ont la télévision. Pas lui. A cause de sa mère et de son oncle qui jurent que "la télé est un poison qui rend con". Il est le seul de son école et de son quartier à ne pas connaître Goldorak et Dallas. Alors il va au cinéma. Il y voit un rat blanc aux yeux rouges. Il y voit une femme à poil  cracher du sang. Il y voit des samouraïs et des cow-boys et des extraterrestres. De M le Maudit à Scarface, de Federico Fellini à Francis Ford Coppola, de Berlin à Chinatown, Guillaume Guéraud raconte dans cette autobiograpahie les images qui l'ont fait basculer de l'enfance à l'adolescence. Et qui ont nourri tous ses romans précédents."

 

Mots-clés : la télévision, l'école.

 

Mon avis : Décidement, Guillaume Guéraud est un auteur pour la jeunesse qui sort de l'ordinaire. Après "Je mourrai pas gibier", ouvrage qui m'avait plutôt surpris par la violence de certains passages, "Sans la télé" est un petit roman jeunesse qui est lui aussi assez étonnant. Mais ce n'est pas une remarque négative, bien au contraire. Je trouve que c'est un récit intelligent, qui donne à réfléchir sur la pratique de la télévision, surtout de nos jours où l'on ne sait plus trop où donner de la tête avec ces nombreux programmes qui polluent le petit écran. "Sans la télé" raconte l'histoire de l'auteur lui-même, Guillaume Guéraud (notons que ça aussi, c'est plutôt original en littérature de jeunesse) qui n'a pas la télé chez lui car sa famille est contre. Il va alors se rendre plusieurs fois par semaine au cinéma, et développer peu à peu une culture cinématographique assez impressionnante pour un garçon de son âge. Je conseille ce livre aux enfants qui se sentent un peu différents des autres enfants de leur âge ... ça leur prouvera qu'il ne sert à rien de faire comme "tout le monde", et qu'il faut au contraire développer ses différences.

 

Extrait :

 " La télévision est trop petite. Elle réduit les trains à dimension des vers de terre. Alors qu'un écran de cinéma agrandit les chapeaux de cow-boys comme des chapiteaux.

Mes camarades ont peut-être vu la silhouette des tueurs émerger entre les buissons. Moi, je vois des géants vêtus de manteaux poussiéreux aussi longs que des drapeaux.[...] Ils ont peut-être vu son revolver. Moi je vois la bouche de son canon envahir l'écran comme un tunnel dans lequel tous les spectateurs pourraient entrer.

Sûr que ça ne secoue pas de la même façon.

Je suis au collège maintenant, un gros collège de neuf cents élèves. Et je suis encore le seul à ne pas avoir la télévision chez moi. On me considère comme plus que bizarre. Au mieux comme une énigme. Au pire, comme une putain d'anomalie."

 

sans-la-tele.gif

Par madame-rouge
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 20:07


ogrelet.jpg

 

4ème de couverture :

 

"L'ogrelet vit seul avec sa mère dans une maison au coeur d'une forêt dense, en retrait de la communauté villageoise. Le jour où il commence à fréquenter l'école et les autres enfants, il découvre sa différence : il est le fils d'un ogre que sa mère a passionnément aimé. Pour se délivrer de son attirance irrépressible pour le sang frais, il devra affronter trois épreuves dont il sortira grandi. L'ogrelet, avec ses six ans, sa force extraordinaire et sa terrible hérédité, nous réconcilie avec notre part d'ombre. Un récit noir et tendre qui puise son inspiration dans les contes traditionnels, servi par l'écriture fine et intelligente de la grande auteure pour enfants Suzanne Lebeau. On lui doit aussi Salvador, dans la même collection".

 

Mots-clés : récit initiatique, l'ogreté

 

Mon avis : Voici un petit ouvrage - une pièce de théatre pour être exacte - très intéressant et qui peut donner lieu à de bonnes analyses. L'ogrelet, ici, ne répond vraiment pas à l'idée que l'on pourrait se faire d'un ogre. On a tous en tête l'image de l'ogre odieux, sale et affamé des contes traditionnels : l'ogrelet de Suzanne Lebeau est aux antipodes de ce stéréotype. Il s'appelle Simon et son seul souhait est de s'intégrer à la société. Tout au long du récit, on le voit lutter contre sa condition d'ogre. Cette pièce de théâtre permet de constater l'évolution de la figure de l'ogre depuis les contes de Perrault : l'ogre contemporain est un personnage qui véhicule des valeurs positives ( la bonté, le courage) et auquel le jeune lecteur peut désormais s'identifier.

 

Extrait : (scène 6)

 

"Mère de l'ogrelet. - Tu as appris le mot père à l'école ?

L'ogrelet : Oui, je connais le mot père. Les enfants de ma classe doivent avoir un père parce qu'ils ont l'air de bien connaître ce mot.

Mère de l'ogrelet. -Toi aussi tu as un père, Simon.

L'ogrelet - Dis-moi vite où il est, maman.

Mère de l'ogrelet.- Je ne sais pas où est ton père Simon. Il est parti une nuit de pleine lune.

L'ogrelet.- Il est parti à cause de moi ?

Mère de l'ogrelet.- Pas à cause de toi, Simon ... pour toi ... Ton père était le plus grand et le plus fort de tous les hommes du village, tendre, amoureux ... Tu lui ressembles beaucoup par la taille, la force, le blé mûr de tes cheveux. Tu lui ressembles aussi par le goût de la viander crue qui t'a fait sortir cette nuit, à peine habillé, dans la forêt glacée. Dans tes veines coulent mon sang et le sien. Et le sang de ton père est celui d'un ogre."

 

Par madame-rouge
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 14:46

4ème de couverture :

"Montagne n'est pas un patelin tranquille. Ceux qui travaillent le bois ne peuvent pas encadrer les vignerons et inversement. La haine fouette les murs. Les coups tordus pleuvent sans prévenir.  Martial préfère apprendre la mécanique le plus loin possible. Pour fuir la scierie. Eviter les incidents. Et échapper à la phrase que répètent aussi bien les scieurs que les gars de la vigne : "je suis né chasseur ! Je mourrai pas gibier !" Parce que la chasse, ici, tout le monde pratique. Sauf Terrence. Il a la tronche en biais. Il ne sit ni travailler ni chasser. C'est pour ça que Martial l'aime bien. Et qu'il ne supporte pas qu'on se défoule sur lui."

 

 

je mourrai pas gibier

Mots-clés : la misère sociale.

 

Mon avis:   Voici un roman qui ne fait pas dans la dentelle (et c'est même un euphémisme). Ce livre de Guillaume Guéraud démarre avec un chapitre "flash back", mettant en scène un ado qui, dans un accès de folie, tue la moitié de sa famille avec un fusil le jour du mariage de son frère. Comment un ado a-t-il pu en arriver là ? Ce sont les chapitres suivants qui donnent des éléments de réponses. Le roman dépeint la misère sociale d'un village, où la violence et la haine font partie du quotidien des habitants. Après avoir lu ce livre, je comprends mieux pourquoi il a tant fait polémique. C'est un roman dur, avec de nombreuses scènes macabres, brutales. On se prend une bonne claque en refermant l'ouvrage. On aime où on n'aime pas, mais c'est un livre qui ne peut pas laisser indifférent.

 

Extrait :

 

"Des raisons, on peut toujours en trouver. Des bonnes ou des mauvaises. En pagaille. Mais c'est pas mon boulot. Il y a des spécialistes pour ça. Ils vont sûrement me poser un milliard de questions sur les coups que j'ai pu prendre quand j'étais môme et sur les trucs que je voyais à la télé et sur la fois où j'ai rayé la voiture de ma prof de maths ou encore sur mes poissons que j'ai laissé crever de faim pendant les dernières vacances. Après ça, ils me montreront des taches qui ressemblent à rien et ils attendront que je leur dise à quoi ça ressemble. Je vois pas ce que je pourrai leur raconter. Je ne peux plus faire de mal à personne, maintenant. Même pas à moi. Ils m'ont ôté mes lacets et ma ceinture. Ils ne tiennent pas à ce que je me foute en l'air. Mais, n'importe comment, il y a toujours un moyen. Le plus pratique aurait été avec le fusil que j'ai utilisé pour dégommer tout le monde. J'avais d'ailleurs prévu de conserver deux cartouches pour ma pomme. Sauf que, j'ai dû me laisser emporter par l'euphorie, je les ai toutes tirées."

Par madame-rouge
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 17:02

4ème de couverture :

"Dans certains Bois Dormants vivent des princesses Belles, destinées à se piquer le doigt avec un fuseau, et leurs soeurs, les Laides, destinées à être laides, mais aussi à vivre leur vie de manière heureuse et sage. Barbe-Bleue a, lui aussi, un frère caché, Barbe-Rose, toujours joyeux mais totalement inconnu. Jusqu'au jour où Rosalynde, septième femme de Barbe-Bleue, entre dans le cabinet secret de son époux assassin. Par amour, mais un peu trop tard, Barbe-Rose va agir. Comme le Petit Chaperon Vert. Le loup rôde, alors il essaie de sauver le petit chaperon rouge, même si ce dernier est insensé et moqueur."

anticonte.jpg

 

Pas de mots clés cette fois, on connait tous bien les trois contes "le petit chaperon rouge", "Barbe-Bleue" et "la belle au bois dormant" !

 

Mon avis : J'ai adoré ! Grégoire Solotareff et Nadja détournent trois des contes classiques les plus connus des enfants, et il faut dire que c'est plutôt bien trouvé. Le petit chaperon rouge devient une vraie peste menteuse qui a inventé de toutes pièces l'histoire du loup qui dévore la grand-mère; Barbe-Rose (le frère de Barbe-Bleue) se la coule douce avec toutes les ex-femmes de son frère qu'il a réussi à réanimer; quant au célèbre beau prince de la belle au bois dormant, il débarque dans le château avec sa tronçonneuse et réveille sa princesse, non pas avec un romantique baiser de cinéma, mais avec ... un bouche-à-bouche. Voilà qui promet !!! Les illustrations de Nadja sont aussi très drôles. Bien entendu, il faut mettre cet ouvrage dans les mains des enfants qui connaissent déjà ces contes, afin qu'ils  en saisissent bien les références.

 

Extrait ( de "la laide au bois dormant") :

 

"En se réveillant, elle entendit un bruit et cela la surprit. Comme s'il y avait eu des millions d'abeilles autour du château. Et puis ce bruit cessa brusquement et la porte principale s'ouvrit grand, laissant passer un magnifique jeune prince, une tronçonneuse d'or à la main.

-Bonjour, Madame. Je viens pour la princesse, dit-il à la très vieille lady.

-C'est moi.

-Mon DIeu ! Est-ce possible ! Au village, tout le monde parle d'une jeune et belle fille ... je ne veux pas dire que ... mais tout de même ...

-Ah ! Alors c'est pour Belle ! Elle dort encore. Au cinquième.

-Je suis justement venu pour la réveiller, dit le prince, tout ragaillardi par le prénom de la princesse.

Au mot "réveiller" Lady sursauta. Et dire que cent ans étaient passés ! Elle n'en revenait pas.

-Que la vie - même aussi longue - est courte ! dit-elle au prince.

Mais celui-ci se précipitait déjà dans l'escalier avec une fougue extraordinaire pour se rendre au plus vite auprès de la princesse inanimée. A son chevet, il tenta un bouche-à-bouche qui réanima instantanément la princesse Belle ainsi que tout le château, qui reprit son activité comme si de rien n'était."

 

Par madame-rouge
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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 19:15

4ème de couverture :

 

"Christophe est le plus beau de ma classe de troisième. Myriam est ma meilleure copine. Aziz est mon ami. Pascal est le souffre-douleur de Momo qui le traite de tapette parce qu'il est petit, timide et pâle. Claire est une allumeuse. Cédric est le nouveau. Et moi, je suis qui là-dedans ? J'ai le même lit depuis que j'ai six ans. Je rêve de devenir ornithologue, de partir vivre dans une cabane en pleine forêt et de ne fréquenter que des oiseaux. Des oiseaux, au lieu des singes et des vipères du collège. Moi, je ne suis pas une bête, je suis une endive. Une endive en crise, incapable de supporter son reflet. Je suis debout dans le vestiaire, timide et pâle, avec dans les mains le short que Cédric m'a prêté parce que j'ai oublié le mien. Depuis qu'il est arrivé, mes notes chutent, mon coeur bat."

 

Mots-clés : adolescence, mal d'être, homosexualité.

 

Mon avis : C'est le titre énigmatique de ce roman qui m'a interpellé, ne connaissant pas du tout l'auteur. A la base, j'ai trouvé  que ce roman jeunesse mettait beaucoup de temps à démarrer, à entrer "dans le vif du sujet" comme on dit. Conséquence : un début assez soporifique, je ne comprenais pas trop où l'auteur voulait en venir à parler de la vie banale d'un collégien. Des livres jeunesse sur ce sujet, il y en a des tas et des tas alors je me suis dit que l'auteur devait manquer d'inspiration... Et puis, enfin, j'ai compris que l'ado en question était différent de ses autres camarades et découvrait son homosexualité. Du coup l'histoire est devenue, à mes yeux, plus

qui-suis-je.jpg

intéressante. Ca peut aussi expliquer pourquoi le début est assez long : cela peut refléter la lenteur du parcours du protagoniste, de sa quête d'identité.

 

Extrait :

 

"Qu'est-ce que je raconte ?

 Je repense à Myriam.

A Aziz et ses pieds qui puent.

Aux cours de montée à la corde.

A la première fois où j'ai vu Cédric.

Je regarde ses cheveux noirs.

Son jean.

L'élastique de son caleçon qui en dépasse.

La grosse boule angoissante monte en moi.

OK.

Je crois que j'ai compris.

Ca va pas être facile.

 

Je m'appelle Vincent Latan.

J'ai quatorze ans et demi.

Je suis en troisième au collègue Jean-Moulin.

J'ai eu des sales notes pendant deux trimestres, mais en fait je suis trop fort.

Dans la cour de mon collège, tous les garçons se traitent de "pédés" et d' "enculés".

Et je suis amoureux de Cédric Martineau."

 

Par madame-rouge
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